Le vélo à travers les âges - De 1800 à nos jours

Le vélo à travers les âges - De 1800 à nos jours

Les gens de l’époque victorienne circulant à vélo étaient-ils les premiers hipsters ? Bien avant les hommes aux barbes sculptées portant des habits vintages sur un vélo Fixie, il y avait les hommes aux moustaches sculptées portant des vêtements à la mode sur des vélocipèdes et des bicyclettes grand-bi. Tout comme les modes, la bicyclette a évolué au fil des époques. Alors que jadis la voiture était considérée comme le moyen de transport de l’avenir, aujourd’hui ce sont de plus en plus les cyclistes et les réseaux de pistes cyclables qui semblent dominer la majorité des villes à travers le monde.

L’importance du vélo ne saurait être sous-estimée : son évolution a donné à l’homme son premier moyen de transport à deux roues à propulsion humaine, il a libéré les femmes et est un symbole de progrès, de plaisir et de divertissement, de liberté et de loisirs. Il incarne également l’espoir, convenant parfaitement à un avenir affrontant des problèmes à grande échelle comme les changements climatiques, l’épidémie d’obésité et un accroissement de la population – particulièrement dans les villes. Il a sans nul doute parcouru un long chemin depuis ses humbles débuts.


1800 - 1830 :


Bien qu’il y ait quelques preuves discutables de l’existence du vélo avant les années 1800, il est désormais largement admis que la première bicyclette a été inventée en 1817 en Allemagne, par un homme nommé le baron Karl von Drais. Appelée la "Laufmaschine" [...] lire la suite.

1840 - 1870 :


Durant les années 1860, Pierre Michaux, fondateur de la société Michaux, a développé la première bicyclette à deux roues véritablement populaire et commercialement satisfaisante, qui présentait l’ajout de pédales et de manivelles rotatives sur la roue avant, pour que [...] lire la suite.

1880 - 1910 :


Entre 1869 et 1880, les demandes de bicyclettes pouvant être utilisées sur de plus grandes distances et à des vitesses plus rapides se sont intensifiées. En 1880, les fabricants ont augmenté la taille de la roue avant du vélo jusqu’à des proportions à faire dresser les cheveux [...] lire la suite.

1920 - 1950 :


Durant cette période, l’attention des gens s’est déplacée et dans le monde occidental l’engouement pour la bicyclette a diminué, cédant la place aux automobiles, grandement perçues à l’époque comme le transport de l’avenir. Après les années folles [...] lire la suite.

1960 - 1990 :


Après les guerres et la Grande Dépression, les années 1960 ont ouvert la voie aux années 1960 prospères et aux années 1970 psychédéliques. Ce fut l’un des moments décisifs de notre histoire récente, une époque d’espoir et de promesses, et de liberté [...] lire la suite.

2000 - Aujourd'hui :


Aujourd’hui, plusieurs villes du monde entier soutiennent activement le cyclisme et ont créé une infrastructure cyclable bien définie. De plus en plus de gens choisissent le vélo comme moyen écologique et économique pour se déplacer en ville [...] lire la suite.


De 1800 à 1830


L'invention du premier vélo

Bien qu’il y ait quelques preuves discutables de l’existence du vélo avant les années 1800, il est désormais largement admis que la première bicyclette a été inventée en 1817 en Allemagne, par un homme nommé le baron Karl von Drais. Appelée la Laufmaschine, qui signifie « machine à courir » en allemand, elle a été brevetée en 1818 en tant que premier transport orientable à deux roues et à propulsion humaine et elle connut un succès commercial. D’autres créateurs ont rapidement repris le concept, notamment le londonien Denis Johnson, qui a créé une nouvelle version améliorée de la machine à courir originale de Drais. Sculptée presque entièrement dans du bois avec une roue avant orientable, elle a été conçue pour réduire de moitié le temps de déplacement. Cette invention à deux roues n’avait pas de pédales et les cyclistes devaient propulser de façon précaire ce nouveau dada vers l’avant avec leurs pieds et descendre les côtes, tout en tentant de garder l’équilibre. Surnommée dada, d’après le jouet des enfants, ou draisienne, et officiellement connue sous le nom de vélocipède, sa forme ressemblait plus ou moins à celle des bicyclettes à deux roues que nous connaissons aujourd’hui.

Plus qu'un simple loisir

Entre 1818 et 1820, posséder un vélocipède est devenu un véritable engouement qui a balayé l’Europe occidentale et l’Amérique du Nord et il était considéré comme un article à la mode et novateur qu’il fallait posséder, surtout dans la société londonienne.

Cependant, sa popularité a diminué en seulement quelques années et certaines villes sont même allées jusqu’à interdire son utilisation en raison du nombre d’accidents entre les vélocipèdes et les piétons qui s’étaient malheureusement produits. Les décennies entre 1820 et 1850 ont vu se transformer le vélocipède en plusieurs formes différentes, chacune étant créée sur l’idée d’un véhicule à propulsion humaine qui suivait des technologies semblables à celles du vélocipède. Ces nouveaux modèles avaient trois ou quatre roues (connus comme le tricycle ou le quadricycle) et offraient une variété de formes différentes, mais des versions plus récentes étaient équipées de fonctions supplémentaires, telles que des pédales et des manivelles. Les pédales étaient utilisées avant le développement des chaînes de vélo pour placer les pédales loin du moyeu de la roue directrice, et par la suite les pédales ont été utilisées pour faire avancer le vélo.


De 1840 à 1870


Pédales et manivelles

Durant les années 1860, Pierre Michaux, fondateur de la société Michaux, a développé la première bicyclette à deux roues véritablement populaire et commercialement satisfaisante, qui présentait l’ajout de pédales et de manivelles rotatives sur la roue avant, pour que le cycliste puisse faire avancer le vélo en pédalant. Ce fut un succès immédiat et pendant un bref moment, il devint incroyablement à la mode. Il avait cependant des inconvénients. Les cadres en métal rigide et les pneus en fer utilisés alourdissaient les vélos qui pouvaient peser jusqu’à 100 livres, ce qui est énorme ! Ces vélos étaient connus sous le nom de « boneshakers » et, comme le nom l’indique, étaient extrêmement inconfortables et difficiles à utiliser, malgré l’ajout de sièges soutenus par des ressorts. Ils n’étaient également pas pratiques lors de l’enfourchement car le cycliste devait courir à côté et sauter sur la selle à grande vitesse.

Un certain nombre de changements ont commencé à être mis en œuvre, y compris l’ajout de pneus en caoutchouc pour remplacer les roues en métal et des roulements à billes pour améliorer le mouvement des pédales. À cette époque, les vélocipèdes à trois et quatre roues sont également devenus populaires, faisant avancer un processus qui verrait les inventeurs essayer de développer toute une variété de modes de transport de plus en plus efficaces.

Succès en Chine

Bien qu’aujourd’hui la Chine soit connue comme étant la capitale du vélo dans le monde, la bicyclette y a été introduite dans les années 1860 par un fonctionnaire chinois nommé Bin Chun, qui avait aperçu le vélocipède sillonner les rues de Paris lors d’une visite. Ayant récemment été sous autorité occidentale, la Chine n’était pas vraiment réceptive à une autre invention étrangère, et dans l’ensemble rejeta l’idée. Vers la fin du 19e siècle, les étrangers étaient les principaux utilisateurs de la bicyclette à Shanghai, tandis que les habitants de tous milieux utilisaient encore la chaise à porteurs ou la dernière invention, le pousse-pousse (inventé en 1870). Il n’était tout simplement pas socialement acceptable pour toute personne chinoise respectable de se déplacer de manière indépendante, ou pire, d’être vue en train de transpirer. Toutefois, malgré l’adoption lente au départ de cette invention à deux roues, il est évident que Bin Chun avait ouvert les yeux de l’un des plus grands marchés au monde pour la bicyclette.

"Laufmaschine" ou Draisienne

Vélocipède ou Michaudine


De 1880 à 1910


Le Grand-bi ou Penny-farthing

Entre 1869 et 1880, les demandes de bicyclettes pouvant être utilisées sur de plus grandes distances et à des vitesses plus rapides se sont intensifiées. En 1880, les fabricants ont augmenté la taille de la roue avant du vélo jusqu’à des proportions à faire dresser les cheveux sur la tête. Ce nouveau vélo à la roue avant surdimensionnée fut alors connu sous le nom de « grand-bi » (Penny-farthing en anglais) car vu de côté, il ressemblait à une grande pièce de monnaie britannique tirant une plus petite pièce. Il était également appelé « grande roue » ou « vélo ordinaire » et il a rapidement gagné en popularité, surtout en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Plusieurs inventions clés à cette époque ont permis de réduire le poids du cadre et d’augmenter le confort du cycliste. La conception de la roue a encore été améliorée grâce aux rayons et aux roulements à billes. Bien que le grand-bi n’ait été populaire que pendant une courte période, il est devenu un symbole des loisirs de la fin de l’époque victorienne. Il est vrai que la conception originale de la grande roue ou du grand-bi permettait d’aller plus loin et plus vite à chaque révolution de la roue avant, mais c’était loin d’être pratique. La conduite était difficile et rouler sur n’importe quel type d’obstacle était extrêmement dangereux et pouvait propulser le malheureux cycliste tête la première sur la route. En fait, savoir comment chuter est devenu un talent nécessaire que les cyclistes devaient apprendre.

Le Grand-Bi ou Penny-farthing

Développement

Malgré des améliorations comme les pneus en caoutchouc remplis d’air et les freins, le grand-bi a bientôt perdu de sa popularité. Vers la fin des années 1890, la « bicyclette de sécurité » avec les deux roues de la même taille a été l’un des développements les plus importants dans l’évolution de la bicyclette. Elle est devenue la structure de la bicyclette des temps modernes, avec d’autres caractéristiques clés comme les pédales fixées qui propulsent la roue arrière par la chaîne et les engrenages, et les barres et les fourches soutenant la roue avant, qui sont encore présentes sur les vélos d’aujourd’hui. Cette période du cyclisme est devenue « l’âge d’or » ou « l’engouement pour la bicyclette ». Elle a eu également de profondes répercussions sur le rôle des femmes dans la société, ce qui a valu à la bicyclette le nouveau surnom de « machine de la liberté ». Une femme qui savait comment utiliser la bicyclette pouvait profiter d’une mobilité physique accrue qui était égale à celle des hommes. Les femmes qui faisaient du vélo avaient également besoin de types de vêtements plus pratiques, alors que les modes de l’ère victorienne – comme les corsets, les jupes longues et lourdes, les jupons ou les cerceaux – restreignaient les mouvements sur des appareils tels qu’une bicyclette.  Ce nouveau mode de transport a aidé à propulser le développement de vêtements plus pratiques et sans distinction entre les deux sexes, comme les pantalons baggy ou la jupe-culotte.


De 1920 à 1950


Évolution de la voiture & vélo des villes

Durant cette période, l’attention des gens s’est déplacée et dans le monde occidental l’engouement pour la bicyclette a diminué, cédant la place aux automobiles, grandement perçues à l’époque comme le transport de l’avenir. Après les « années folles » est venue la Grande Dépression.  Les humeurs du monde ont changé, avec une guerre mondiale durant les années 30 et 40 et, par la suite, la guerre froide des années 50.  Durant les années 50 et 60, l’automobile était reine et une large proportion des vélos vendus était destinée aux enfants, pas aux adultes. Dans les villes, les cyclistes étaient souvent vilipendés par les conducteurs, puisque la voiture était devenue le moyen de transport préféré de la plupart des gens. En Chine cependant, durant les années 1920, l’enthousiasme pour le cyclisme s’est accru, et durant les années 1930, les premières usines de chaînes de fabrication pour les vélos fabriqués à l’étranger ont été créées. Lorsqu’en 1949, la Chine est devenue la République populaire de Chine, le parti a décidé que la bicyclette devait être le principal moyen de transport urbain de la population. La plupart des gens faisaient le trajet entre la maison et le travail à vélo, et en 1958, la Chine produisait plus d’un million de bicyclettes chaque année. Jusqu’à ce jour, la Chine est le principal fabricant de bicyclettes au monde et produit environ 60 % de toutes les bicyclettes vendues sur terre.

Bicyclette de sécurité (Petite reine)

Le retour des courses de vélo

Bien que la première grande compétition cycliste ait eu lieu au début du siècle, il a été impossible de continuer la course durant la Seconde Guerre mondiale. En 1947, la première course de France est revenue pour la première fois depuis 1939. En raison de la guerre et de nombreuses annulations de la course pendant une période aussi longue, il était difficile de prédire qui allait gagner. Le Tour a également exclu les équipes allemandes et italiennes (puisque la France était théoriquement en guerre avec l’Italie). L’itinéraire consistait en 20 à 25 étapes, réparties à travers la France, le Luxembourg et la Belgique, le cycliste gagnant l’étape individuelle étant celui qui atteignait la ligne d’arrivée dans le laps de temps le plus court. Ce format de fractionnement des étapes allait durer jusque dans les années 1980. En 1953, le « système de points » du maillot vert a été introduit (la couleur verte a été choisie car la course était alors sponsorisée par un fabricant de tondeuses à gazon).


De 1960 à 1990


Vélo BMX ou BMX

L'explosion du vélo

Après les guerres et la Grande Dépression, les années 1960 ont ouvert la voie aux années 1960 prospères et aux années 1970 psychédéliques. Ce fut l’un des moments décisifs de notre histoire récente, une époque d’espoir et de promesses, et de liberté d’expression dans la mode, les arts et la musique adoptée par une génération qui n’avait pas peur de repousser les limites. La liberté des femmes avait fait beaucoup de chemin depuis l’époque victorienne, la mini-jupe de Mary Quant définissant une nouvelle génération de femmes libérées.  Ce fut une décennie de changements qui a également laissé une impression durable sur l’évolution de la bicyclette, et la période entre le milieu des années 60 et 1975 connut aux États-Unis l’un des pics de popularité les plus importants du vélo depuis son invention.  Cette période est appelée le « bike boom ». Avec une prise de conscience élevée du besoin de rester en forme, les ventes de vélos ont doublé entre 1960 et 1970 et ont doublé à nouveau entre 1971 et 1975. C’est l’époque qui a vu la création du BMX, dont la conception était inspirée par les champions de motocross et dont la popularité s’est répandue dans toute la culture populaire. Son apparition dans des films classiques cultes comme E.T., Karate Kid et BMX Bandits, avec le BMX en « freestyle », a encore plus ancré sa popularité auprès des jeunes.

Apparition du VTT

On pourrait arguer que le vélo de montagne existe depuis l’invention du vélo, puisque, après tout, peu de routes étaient pavées au 19e siècle. Mais ce n’est qu’au début des années 1980 que le premier véritable vélo de montagne destiné au grand public a été créé. Basés sur une conception datant des années 1970 d’un groupe de hippies de Californie, ces vélos ont été conçus pour un cyclisme tout terrain et utilisés principalement pour la descente libre de pistes de montagnes, le cross-country, les terrains accidentés et les sentiers. Lorsqu’ils ont été fabriqués pour la première fois, ces vélos pouvaient être aussi dangereux que les « boneshakers » en raison de leur manque de suspension et de l’utilisation de matériaux lourds. Durant les années 1980, cependant, les fabricants de bicyclettes ont commencé à intégrer des matériaux légers à la pointe de la technologie, comme l’aluminium, les amortisseurs et les fourches suspendues, dans les vélos de montagne. Les pneus typiques d’un vélo de montagne sont larges et rainurés afin de maintenir l’équilibre et d’offrir au cycliste une meilleure adhérence sur la route.

VTT ou Vélo tout-terrain


Des années 2000 à aujourd’hui


Vélo électrique tout-terrain ou VTTAE

Environnement, vêtements et partage de vélos

Aujourd’hui, plusieurs villes du monde entier soutiennent activement le cyclisme et ont créé une infrastructure cyclable bien définie. De plus en plus de gens choisissent le vélo comme moyen écologique et économique pour se déplacer en ville, et comme moyen récréatif pour garder la forme. La décennie actuelle a vu le début du mouvement hipster, qui a commencé en des lieux comme Brooklyn, New York et Portland, en Oregon aux États-Unis, se répandant dans l’hémisphère occidental comme une traînée de poudre. Les principales marques de vêtements ont embrassé ce mouvement, et les modes qui forçaient les cyclistes à s’envelopper dans du Lycra ultra serré ou à porter des pinces à vélo pour protéger leurs pantalons ont disparu. Les marques et les enseignes de créateurs de vêtements de tous les jours conçoivent plutôt des vêtements élégants et pratiques pour les cyclistes urbains, ce qui signifie que même le cycliste le plus exigeant pourrait s’habiller pour faire sensation en circulant à travers la ville. Dans les principales villes d’Europe et des États-Unis, comme Amsterdam, New York et Londres, des programmes de partage de vélos permettent à chacun de prendre un vélo et de le reposer à différents points désignés à travers la ville, offrant une façon simple et peu coûteuse d’éviter la congestion de la circulation et d’aller d’un point A à un point B avec simplicité et confort.

Vélo Fixie - populaire pour les hipsters, mais pas que ... !

Alors que le cyclisme urbain est devenu plus populaire, il en va de même pour la personnalisation des bicyclettes, menant ainsi à la création du vélo « hipster ultime » fixe ou Fixie. C’est d’une certaine façon un vélo dans sa forme la plus basique, un simple vélo à vitesse fixe qui n’a pas de roue libre. Et pourtant, il comporte des inconvénients : il est impossible de descendre en roue libre avec un Fixie. C’est un peu comme si l’évolution du vélo avait bouclé la boucle. Les vélos Fixie sont idéaux pour le cyclisme urbain, et comme ils forcent à pédaler quelle que soit la distance que vous parcourez ou la direction dans laquelle vous allez (en montant ou en descendant), ils peuvent également vous aider à rester en forme. Le Fixie est généralement beaucoup plus léger que d’autres vélos, ce qui signifie que c’est le vélo idéal du banlieusard – un peu comme une voiture Smart pour les cyclistes. Pourquoi sont-ils aussi populaires ? Peut-être que dans ce monde de consommation de masse, ils représentent la dernière frontière de la simplicité, les dépouillant jusqu’à l’essentiel pour devenir la bicyclette classique ultime. Le vélo Fixie est devenu populaire auprès de toutes sortes de personnes, hipsters ou non, souhaitant reprendre contact avec leur milieu et leur environnement.